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historique

Daniel Guérin (1904-1988) : chronique biographique


La jeunesse


1904
- 19 mai : Naissance de Daniel Guérin à Paris dans une famille de la grande bourgeoisie libérale et dreyfusarde. Son ascendance (le menuisier Maurice Duplay, hôte de Robespierre puis babouviste et le saint-simonien Gustave d’Eichtal) l’a, selon lui, prédisposé à embrasser la cause du socialisme. (Parmi ses ancêtres, on comptait aussi, néanmoins, un maréchal de la noblesse russe et un libraire, fondateur de la maison Hachette.)

1914
- Compose ses premiers poèmes.

1916
- Octobre : Demi-pensionnaire au lycée Bossuet (Paris) dirigé par des prêtres : il en sortira définitivement athée et anticlérical, sentiment renforcé deux ans plus tard par la lecture du Journal intime de Tolstoï.

1919
- Printemps : Familiarisé depuis plusieurs années avec la littérature, il prend conscience de sa "vocation littéraire", vocation qui lui inspire le désir de vivre une "existence bohême" et le dégoût de l’institution scolaire.
- Octobre : Dirigé contre son gré au lycée Louis-le-Grand où il s’attire les foudres d’un professeur d’Action française.

1920
- Cofondateur d’une revue lycéenne mensuelle, "La Gerbe du Quartier latin" (en collaboration avec de jeunes communistes). Fréquente assidûment les salons littéraires.

1921
- Septembre : Entre à l’Ecole libre des Sciences politiques et à la faculté de droit sans enthousiasme, mais suit avec intérêt les cours d’histoire du socialisme d'Elie Halévy.

1922
- Entame sa thèse : "L'évolution politique de Lamartine, du légitimisme à la Révolution de 1848" (fait de Lamartine un précurseur du socialisme).
- "J’ai lu avec passion le Manifeste communiste de Marx et d’Engels" (lettre à son père) non datée.
- Eté : Publication, chez Albin Michel, de son premier livre, le "Livre de la dix-huitième année", recueil de poèmes qui suscite les encouragements enthousiastes de M. Barrès, G. Fauré, F. Mauriac et bien d’autres : "C’est bien émouvant, Monsieur, la naissance d’un vrai poète. Je vous remercie de m’avoir envoyé votre oeuvre, et j’espère que vous n’aurez jamais plus de dix-huit ans." (lettre de Colette, 4 juillet 1922).

"D’une dissidence sexuelle au socialisme"


1923
- Assiste à la séance de la Chambre durant laquelle Poincaré tente de justifier l’occupation de la Ruhr et où Blum, au moment de sa contre-intervention, est conspué par la droite : "Juif ! Juif ! Juif !", relatait Daniel Guérin.
- Se lie avec Mauriac.
- Eté : Voyage studieux en Italie ; l’art exacerbe en lui ses penchants homosexuels.

1924
- Se déclare favorable au Cartel des gauches.
- Premier contact avec un "fils de la révolution d’Octobre", trotskiste et ambassadeur en Turquie, au cours d’un voyage en Grèce.
- Novembre : Après avoir effectué un stage à l’école des élèves-officiers de Saint-Cyr, Daniel Guérin entame son service militaire à Strasbourg en tant que sous-lieutenant du 158e RI.

1925
- Publication chez Albin Michel de "L’Enchantement du Vendredi Saint".
- Premières relations homosexuelles et début d’une vie sexuelle "débridée" qui s’exerce principalement dans les milieux de la jeunesse ouvrière. Daniel Guérin découvre la réalité quotidienne d’un monde qui lui était étranger.

1927
- Les "antiparticipationnistes" de la SFIO créent la Bataille socialiste, tendance et périodique (Jean Zyromski, Marceau Pivert).
- 23 août : Daniel Guérin assiste au soulèvement populaire parisien consécutif à l’exécution des militants anarchistes Sacco et Vanzetti. Devant la violence déployée par la jeunesse révoltée, il acquiert une conscience plus nette des problèmes sociaux.
- 23 septembre : Départ pour le Liban (sous mandat français) où il gère pendant deux ans (jusqu’en novembre 1929) une succursale de l’Agence générale de librairie (dépendance d’Hachette, fief familial). Au cours du voyage, il rencontre l’émir Khaled, fils d’Abd-El-Kader et nationaliste comme lui.
- A Beyrouth, se lie avec certaines personnalités politiques et littéraires dont Louis Massignon ; donne des conférences littéraires devant un parterre mondain. C’est le début et l’origine de sa fascination pour l’Islam et de son extrême hostilité au sionisme.

1928
- Juillet : Au cours d’un voyage à Djibouti à bord du Liévin à l’invitation de son capitaine, il se fait une idée plus précise des antagonismes sociaux au contact des officiers et des marins et découvre la réalité coloniale.

1929
- Pâques : Chargé de la rédaction du Guide Bleu (partie syrienne), il rencontre au cours de son exploration Ibrahim Bey Hanano, leader nationaliste, et devient ardent partisan de la cause arabe.
- Publication de "La Vie selon la chair" (même éditeur), désavoué par Mauriac.
- Décembre : Départ de Marseille pour l’Extrême-Orient sur le Bangkok. Durant le voyage, se familiarise avec la littérature marxiste et syndicaliste.

1930
- Naissance de la tendance Révolution constructive de la SFIO (Deixonne, Lévi-Strauss, Lefranc, Beaurepaire, etc.). Le groupe s’étiole dès 1935 mais ne disparaît officiellement qu’en 1938.
- Daniel Guérin découvre l’Asie du Sud-est et l’arrogance des colons. Il assiste à la rébellion de Yen Bay et rencontre à Hué le leader nationaliste Huyng-Thuc-Khang, sympathie qui lui vaudra d’être accusé d’avoir été l’instigateur de la révolte par un colonel d’aviation.
- A cette époque, il fait voeu de se consacrer à la lutte anticolonialiste et renie son ancienne passion littéraire "superflue". Ses premiers articles sur la colonisation en Indochine et au Maroc paraissent dans Monde d’Henri Barbusse.
- De retour en France, son désir d’action militante le pousse à s’engager, à Brest, dans le bâtiment. Mal accepté par les ouvriers, il découvre, au-delà de l’écart culturel social qui le sépare du prolétariat, les divisions qui affectent le mouvement ouvrier.
- Par l’intermédiaire de D. Halévy, son oncle, il prend contact avec Pierre Monatte et devient grâce à lui correcteur syndiqué. Au cours de sa vie, il ne travaillera en fait que très épisodiquement.
- Monatte lui propose de collaborer à La Révolution prolétarienne. Il prend en charge également, aidé de Maurice Chambelland, "Le Cri du peuple". Il ne partage pas l’anticommunisme de La Révolution prolétarienne mais est profondément influencé par les conceptions syndicalistes révolutionnaires : il sera toujours hostile à l’antisyndicalisme des milieux gauchistes des années soixante-dix.
- Parallèlement, il rend visite à Léon Blum auquel il expose son désir de militer. Blum lui propose la page sociale du Populaire mais le projet n’aboutit pas. Il s’inscrit néanmoins à la XXe section du Parti socialiste dirigée par Alexandre Luquet, socialiste de gauche et ancien syndicaliste révolutionnaire. Il se lie avec Jean Zyromski (secrétaire général de la Fédération de la Seine) et Marceau Pivert. Il reste cependant fasciné par le PC qui rassemble la majorité de la classe ouvrière.
- Juillet : Suit de près la grève des métallurgistes et des ouvriers du textile du Nord et constate que l’unité syndicale, souhaitée par la base, est la condition préalable d’une lutte efficace.

1931
- La crise économique atteint la France.
- L’électoralisme et l’anticommunisme de la SFIO l’incitent à quitter le parti.
- 22 mars : Au congrès régional des mineurs du Nord (CGT), Daniel Guérin décèle la "duplicité" des chefs syndicaux réformistes et parlementaires.
- Devient l'animateur du Comité d’amnistie pour les prisonniers d’lndochine présidé par Francis Jourdain.
- Entre en contact avec les jeunes nationalistes marocains (El Ouezzani, Balafrej, Ben Abdeljahil), noyau du futur Comité d’action marocain (plus tard, l’Istiqlal).
- Participe à la campagne du Comité des 22 (7 militants de la CGT, 8 de la CGTU, 7 autonomes.) pour la réunification syndicale qui échoue finalement en septembre 1931 à l’issue du congrès de la CGT.
- Disparition du "Cri du peuple" qui correspond à l’échec du Comité des "22".
- Octobre : Fondation de X-Crise, rassemblement éclectique d’intellectuels et de technocrates (extrême gauche : Soulès, Beaurepaire ; blumistes : Jules Moch, Spinasse ; néosocialistes : Montagnon ; libéraux : Rueff ; droite patronale : Duchemin ; extrême droite : Pucheu). En 1933, le groupe devient le Centre polytechnicien d’études économiques ; la fraction de gauche crée par la suite l’Union des techniciens socialistes (X-Collectivistes).

1932
- Se syndique au syndicat CGT des correcteurs de la région parisienne, le 1er mars 1932. Il en restera membre sa vie durant.
- Septembre-octobre : Effectue son premier périple en Allemagne et en rend compte dans "Monde", "la Révolution Prolétarienne" et "Regards". "La Peste brune" est publié par la suite dans "Le Populaire".

1933
- 30 janvier : Hitler devient chancelier du Reich.
- Printemps : Avec l’appui de Blum, Daniel Guérin effectue un second voyage en Allemagne (nazifiée). Durant l’été, il part en Autriche, également gagnée par le nazisme.
- Rencontre l’opposition allemande marxiste antistalinienne exilée en France après l’arrivée de Hitler au pouvoir.
- Novembre : Scission néosocialiste.
- Hiver : Daniel Guérin rencontre Trotski (dans l’appartement de Pierre Naville) qui le charge d’une enquête (non réalisée) sur l’état politique de la France.
- Un groupe d’intellectuels luxembourgistes de la SFIO crée Combat marxiste, groupe et revue (Lucien Laurat, Marcelle Pommera). Création également du Comité d’action socialiste révolutionnaire (CASR, Maurice Jaquier) ; de Masses (Lefeuvre, Pivert) d’orientation luxembourgiste, qui devient en 1934 Spartacus, puis Les Cahiers Spartacus en 1935 (Lefeuvre, Martinet, Collinet, Poulaille). Une dissidence gauchiste se construit à l’intérieur de la SFIO.
- Daniel Guérin fonde le Centre laïque des auberges de jeunesse (CLAJ) avec Mme Grünbaum-Ballin. Le CLAJ veut se distinguer de la Ligue française pour les auberges de jeunesse animée par Marc Sangnier (pionnier, en France, de la démocratie chrétienne) et d’orientation confessionnelle. Daniel Guérin assure quelque temps le secrétariat général du CLAJ.

1934
- 6 février : Daniel Guérin est témoin des émeutes antiparlementaires des ligues et se lie durablement, au cours des discussions sur la perspective d’une contre-offensive du mouvement ouvrier, avec Messali Hadj. Il fréquente, à partir de cette date, le local du journal de l’Etoile Nord-africaine (ENA), "El Oumma".
- 9 février : Participe à la contre-manifestation communiste et aux affrontements avec la police.
- 12 février - Participe à la grève générale après avoir diffusé la veille des tracts dans le métro appelant à la manifestation.
- Avril-mai : Adhère au Comité de lutte antifasciste affilié au mouvement Amsterdam-Pleyel.
- 26 avril : Participe au meeting de Doriot à Saint-Denis pour un front unique antifasciste large.
- 12 juillet : il assiste à la réunion unitaire PC-PS, prélude à la "réunification du mouvement ouvrier".
- 27 juillet : Pacte d’unité d’action PC-PS contre le fascisme.
- 2 août : Hitler devient Reichsführer.
- 29 septembre : Daniel Guérin épouse Marie Fortwangler.
- Octobre : Thorez invite les radicaux et les classes moyennes à s’allier à la gauche socialiste et communiste au sein d’un "front populaire".

1935
- 2 mai : Pacte franco-soviétique.
- Juillet : Daniel Guérin s’associe à l’initiative du Comité de liaison contre la guerre et l’union sacrée et y défend, au nom des pivertistes, les thèses du pacifisme révolutionnaire.
- 28-30 juillet : Exclusion du noyau trotskiste des Jeunesses socialistes.
- 5-9 août : Mouvement des ouvriers des arsenaux de Brest et de Toulon contre les décrets-lois Laval (16 juillet).
- 20-25 août : Le VIIIe congrès de l’IC officialise et généralise la stratégie du front populaire.
- 30 septembre : Publication de l’Appel à la constitution de la Gauche révolutionnaire.
- 1er octobre : Exclusion de quinze responsables trotskistes du groupe bolchévik-léniniste de la SFIO.
- Octobre : Daniel Guérin réintègre la SFIO (section des Lilas) peu après la création de la Gauche révolutionnaire. Il siège au Comité directeur de la Gauche révolutionnaire et au Conseil administratif du Populaire.

La gauche révolutionnaire et le Front populaire


1936
- 16 février : Victoire du Front populaire en Espagne.
- 2-5 mars : Réunification syndicale (congrès de Toulouse).
- 7 mars : Remilitarisation de la Rhénanie.
- 3 mai : Victoire électorale du Front populaire en France.
- Mai-juin : Croissance exponentielle du mouvement gréviste puis reflux progressif (des grèves sectorielles persistent jusqu’à la fin de l’année). Pivert : "Tout est possible" ("Le Populaire", 27 mai 1936) ; Gitton : "Tout n’est pas possible" (L’Humanité, 29 mai 1936) ; 7 juin : accords Matignon (accords d’entreprises dans le courant du mois) ; 11 juin : Thorez : "(...) il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue" (allocution aux membres du PCF de la région parisienne, gymnase Jean Jaurés) ; 11-18 juin : adoption accélérée des lois sociales par le Parlement ; 19 juin : dissolution des ligues.
- 18 juillet : Début de la guerre civile en Espagne.
- Daniel Guérin entre à la commission coloniale de la SFIO où il se heurte à Marius Moutet.
- Mandaté par la Révolution prolétarienne, il écrit à Angel Pestaña (CNT) afin de sensibiliser les révolutionnaires espagnols au problème de la décolonisation du Maroc.
- Juin : Durant les grèves, il est responsable du Comité de propagande et d’action syndicale des Lilas (un "petit soviet") et est enthousiasmé par le mouvement social. Entre-temps, il a adhéré au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA).
- 19-24 août : Début des procès de Moscou.
- 22 août : Naissance de l’unique enfant de Daniel Guérin, Anne.
- 6 septembre : Blum rend publique sa décision de non-intervention dans la guerre d’Espagne.
- Lors du vote sanction à la Gauche révolutionnaire sur la proposition de Blum faite à Pivert d’occuper le poste de secrétaire d’Etat à l’information, Daniel Guérin se prononce seul contre ce "fil à la patte".
- Rencontre Habib Bourguiba avec qui il restera en contact jusqu’à l’indépendance de la Tunisie.
- Décembre : Participe au Comité pour l’enquête sur les procès de Moscou, créé avec la participation de la Gauche révolutionnaire.
- Publication de "Fascisme et grand capital" qui donnera lieu par la suite à des conférences ("causeries") sur la TSF.

1937
- 13 février : Blum annonce la "pause".
- 16 mars : Manifestation de gauche contre la tenue d’un meeting du Parti social français (Colonel de La Rocque) à Clichy : cinq morts dont Solange Domangel de la Gauche révolutionnaire.
- 30 mars : A la conférence nationale des jeunesses socialistes (Creil), vingt-deux trotskistes sont exclus et I’Entente de la Seine est dissoute à la suite d’un éditorial de La Jeune garde dénonçant la répression gouvernementale et appelant à la grève générale après l’hécatombe de Clichy.
- 8 avril : Au conseil national de la SFIO, la Gauche révolutionnaire est dissoute mais la tendance subsiste en tant que minorité de la Commission administrative du Parti (CAP) ; l’épisode fait suite à la démission de Pivert de son poste au gouvernement (28 février) et à une opposition de plus en plus ouverte de la gauche révolutionnaire à la direction du Parti et au gouvernement.
- 22 juin : Démission du gouvernement Blum.
- 31 août et 7 septembre : Marceau Pivert et Daniel Guérin publient deux tribunes libres dans Le Populaire dénonçant les pratiques et méthodes staliniennes en Espagne.
- 21 octobre : La Gauche révolutionnaire organise une réunion d’information sur le colonialisme à laquelle participent les principaux mouvements de libération d’Afrique du Nord et d’Asie du Sud-Est.
- 22 octobre : Au cours d’un meeting de protestation, il met en cause le régime stalinien pour les procès de Moscou contre la vieille garde bolchévique.
- 24 novembre : Daniel Guérin démissionne du Comité de propagande et d’action syndicale des Lilas, ne supportant plus "l’entreprise de colonisation" et la "duplicité" des "staliniens".

1938
- 27 janvier : L’ex-Gauche révolutionnaire enlève la Fédération de la Seine ; Daniel Guérin devient membre du bureau fédéral.
- 11 mars : Anschluss.
- 18 mars : Second gouvernement Blum (démission le 8 avril).
- 7 avril : Tout en soutenant la vague de grèves qui soulève une partie des salariés fin 1937-début 1938, Daniel Guérin participe activement à l’organisation de la manifestation contre la politique d’obstruction systématique du Sénat au second gouvernement Blum.
- 13 avril : la CAP (direction de la SFIO) dissout la Fédération de la Seine oppositionnelle au moment où son influence grandit dans le parti. Daniel Guérin pose le problème du maintien des révolutionnaires dans la SFIO en terme d’alternative : ou bien le PS redevient une organisation de lutte de classes, ou bien "la loi de l’histoire" suscitera d’elle-même un tel parti.
- 15 mai : Au congrès fédéral "désormais illégal", Daniel Guérin soutient contre Pivert que la scission est inévitable et l’espoir d’un redressement du parti chimérique. La motion finale entérine son point de vue.
- 8 juin : Après une ultime tentative de conciliation au congrès de Royan de la SFIO, la naissance du PSOP est annoncée.
- Soupçonné de sympathies trotskistes, Daniel Guérin - bien que membre de la Commission administrative permanente et du bureau politique du nouveau parti - est écarté du secrétariat général.
- Septembre : Naissance du Front ouvrier international contre la guerre et l’union sacrée (FOI).
- Daniel Guérin manque d’être "lynché" par des militants communistes alors qu’il distribue des tracts d’orientation pacifiste révolutionnaire.
- 28 septembre : A la réunion de la CAP du PSOP, Daniel Guérin s’oppose au soutien officiel (temporaire) qu’apporte le parti aux négociations menées par Daladier à Munich.
- 30 septembre : Accords de Munich.
- Octobre : Conférence constitutive du PSOP (nombre de thèmes définissant les orientations théoriques et stratégiques du parti seront des constantes de la pensée politique de Daniel Guérin).
- 28-30 octobre : Les radicaux se retirent du Front populaire.
- 29 et 30 octobre : Marceau Pivert et Daniel Guérin participent à une conférence internationale de Front ouvrier international (FOI) contre la guerre. A cette occasion, la motion de Daniel Guérin (mandaté par le PSOP) sur le pacifisme révolutionnaire est votée.
- 13 novembre : Décrets-lois Daladier-Reynaud.
- 30 novembre : Echec de la grève générale et répression patronale et gouvernementale.

Guerre et internationalisme


1939
- 26 janvier : Chute de Barcelone (et Madrid le 26 mars).
- Janvier : Daniel Guérin propose une stratégie de remobilisation de la classe ouvrière après l’échec de la grève générale du 30 novembre et la démoralisation consécutive du prolétariat.
- 6 mars : Hitler envahit la Tchécoslovaquie.
- Daniel Guérin appuie la proposition de Trotski de fusion du PSOP (le PCI a déjà intégré le nouveau parti) afin de créer une direction révolutionnaire capable d’enrayer le processus d’anéantissement des forces prolétariennes et d’avancer vers la révolution.
- Rencontre le leader panafricain Georges Padmore et le nationaliste Jomo Kenyatta, futur libérateur du Kenya, à l’occasion de l’Exposition anticolonialiste organisée à Londres par l’Independent Labour Party.
- Février : Participe à l’opération du PSOP destinée à secourir des militants du POUM menacés de mort en Espagne et d’internement en France.
- Daniel Guérin organise un colloque sur la situation en Palestine avec la participation de révolutionnaires juifs, arabes et anglais.
- Mars : Devant l’imminence de la guerre, propose la transformation du PSOP en une avant-garde structurée et capable d’entrer dans l’illégalité. Il se heurte aux pacifistes intégraux. S’il se rapproche des positions de la fraction trotskiste du PSOP, il défend contre elle une conception libertaire de l’organisation.
- 27-29 avril : Lors d’une réunion du FOI, Daniel Guérin expose un rapport sur la situation des colonies de l’Empire français en présence de leaders coloniaux. A l’issue de la conférence, un cercle restreint de responsables le mandate pour ouvrir, en cas de guerre, un secrétariat de liaison international du FOI dans un pays neutre.
- 27-28 mai : Premier et unique congrès du PSOP (Saint-Ouen). Daniel Guérin s’oppose à la vague d’antitrotskisme qui y sévit et défend, contre les pacifistes intégraux, ses conceptions défaitistes révolutionnaires ; il fait triompher ses idées anticolonialistes. Par ailleurs, aucune majorité nette ne se dégage de ce congrès.
- Août : Le projet d’enlever le leader nationaliste marocain, Allal el-Fani, déporté au Gabon, échoue devant la montée des périls.
- 25 août : Daniel Guérin part pour Oslo via Bruxelles et la Hollande, mandaté par le FOI ; il arrive en septembre. Jusqu’en avril 1940, en collaboration avec René Modiano envoyé par Pivert pour contrebalancer son trotskisme, Daniel Guérin exécute un travail clandestin de documentation et d’édition d’un bulletin mensuel adressé aux adhérents du FOI. Il correspond à cette occasion avec l’émir Chékib Arslan.
- 23 août : Pacte germano-soviétique.
- 1er septembre : Invasion de la Pologne et mobilisation générale en France.

1940
- Avril : La Wehrmacht envahit la Norvège. Daniel Guérin et Modiano sont capturés et emprisonnés en Allemagne au titre d’internés civils.
- 10 juillet : L’Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.
- Octobre : "Fascisme et grand capital" figure sur la liste Otto.
- Décembre : Libéré pour raisons de santé, il retourne en Norvège où il exerce divers emplois de manutentionnaire. Il entame ses recherches sur la Révolution française dont l’apport constituera son oeuvre majeure.
- A cette époque, il adhère à la IVe Internationale malgré ses réticences antérieures.

1942
- Février-mars : Retour en France via l’Allemagne.
- Septembre : Un ancien camarade de lycée, Delmas, directeur commercial du Comité d’organisation du Livre, organisme para-étatique chargé de gérer les stocks de papier contingentés voués à l’édition, lui propose de travailler à ses côtés au poste de sous-directeur commercial.
- Dès les premiers mois de l’année également, il reprend contact avec un groupe clandestin composé d’ex-militants du PSOP (qui a sombré en 1940 sous les coups de la répression, du découragement et de ses contradictions internes) et de trotskistes organisés au sein des comités baptisés "pour la IVe Internationale" afin de ménager la susceptibilité des psopistes (par fidélité à ses convictions internationalistes et révolutionnaires, il n’entre pas (dans) et ne cautionne pas la résistance gaulliste et communiste). Une réunion destinée à la réorganisation du secrétariat international de la IVe a lieu chez lui, rue Saint-André-des-Arts et rassemble Marcel Hic, responsable des liaisons internationales et nationales, et Laroche (pseudonyme de Paul Thalmann), qui refusera d’avaliser le projet.
- Durant cette période, Daniel Guérin participe à la rédaction et à la diffusion de "La Vérité clandestine" et aurait été membre entre 1942 et 1944, selon Michel Lequenne et Yvan Craipeau, du PCI.

1943
- Daniel Guérin se rend à plusieurs reprises en Sologne à La Ferté-Saint-Aubin pour voir Michel et Simone Collinet, d’origine israélite, qui se cachent dans un hôtel.

1944
- A la suite d’une dénonciation calomnieuse auprès d’un comité d’épuration - accusation dont il est rapidement lavé , Daniel Guérin reçoit des lettres de soutien d’un certain nombre de responsables de la Résistance.
- Devient secrétaire général de l’"Office professionnel du Livre" et participe à l’épuration des responsables de la profession ayant collaboré pendant l’occupation, "Pour la seule et unique fois de ma vie, j’exerce une fonction d’autorité." ("Le Feu du sang", p. 125)

1945
- Rédige un projet de nationalisation du groupe Hachette au grand dam de sa famille.
- Est nommé secrétaire général du Comité du Livre, office dissout en 1947.

1946
- Tout au long de l’année, Daniel Guérin intervient auprès des autorités françaises afin qu’elles lèvent l’interdiction de parution de la presse trotskiste.
Pierre-Henri Teitgen, ministre MRP de l’information, craignant la réaction hostile des staliniens, indique à Daniel Guérin son refus de laisser paraître la presse trotskiste (qui doit attendre le renvoi des ministres PCF pour reparaître légalement).
- Printemps : Daniel Guérin réussit à imposer la participation de représentants des syndicats ouvriers du Livre à la direction de l’Office professionnel du Livre où ne siégeaient jusqu’alors que des employeurs.
- Fin mai : Obtient de Claude Mauriac (secrétaire particulier de De Gaulle) une autorisation pour rendre une visite de solidarité à la prison militaire du Cherche-Midi à Tran Duc Thao (collaborateur de la revue Les Temps Modernes) et aux 50 travailleurs indochinois, tous arrêtés par le gouvernement De Gaulle-Thorez pour avoir distribué des tracts revendiquant l’indépendance de l’Indochine.
- Pendant l’été, publication chez Gallimard de "La Lutte des classes sous la Première république", ouvrage qui renouvelle la problématique de base de la Révolution française. Son interprétation novatrice provoque une vaste polémique (dans certain cas le mépris) au sein de la corporation des historiens. La finalité du travail échappe, semble-t-il, à tout le monde, y compris au milieu gauchiste qui lui a réservé un accueil enthousiaste : s’il met en oeuvre la théorie de la révolution permanente (formulée par Marx avant que Trotski s’en voit attribuer la paternité), l’intention de l’auteur va au-delà de la simple réinterprétation marxiste de la Révolution française : "Je souhaite que vous ayez perçu mon intention réelle : le livre est une introduction à une synthèse de l’anarchisme et du marxisme-léninisme que je voudrais écrire un jour" (lettre à Marceau Pivert,18 novembre 1947).
(Dans la lettre manuscrite figure très clairement "une synthèse de l’anarchisme et du marxisme-léninisme". Dans "Le feu du sang, autobiographie politique et charnelle" (Grasset, 1977 p. 137) Daniel Guérin cite l’extrait de cette lettre parlant d’"une synthèse de l’anarchisme et du marxisme", modifiant de lui-même ce qu’il avait pu écrire 30 ans plus tôt. Nous croyons qu’il ne faut pas y voir seulement une volonté de dissimuler une position politique qui n’était plus la sienne, mais aussi le désir de mettre en avant une évolution qui se caractérise par une rupture avec le léninisme.)
- Demande une audience à Jacques Soustelle pour l’entretenir du problème indochinois.
- 27 juillet : Daniel Guérin rencontre Ho-Chi-Minh à Bagatelle (après avoir déjeuné avec lui) à l’occasion d’une réception en son honneur. Il le met en garde contre la duplicité de la diplomatie française.

Au pays de l’oncle Sam


1946-1949
- Séjourne aux Etats-Unis et se lie avec la fraction gauche et syndicale du mouvement Noir américain, ainsi qu’à l’underground. Il rencontre également les trotskistes du WP et du SWP, entrevues dont il rend compte dans un rapport adressé au PCI. Il semble que le spectacle d’un mouvement divisé et replié sur lui-même, polarisé par des querelles de sectes, l’ait détaché définitivement du trotskisme.
Il conserve néanmoins des liens privilégiés avec les militants de ce mouvement.
- Parallèlement, entame une vaste enquête sociologique et économique sur le monde américain.

1950
- De retour en France, s’associe à Claude Bourdet pour la fondation de "L’Observateur" et rédige avec lui un manifeste pour la reconnaissance par la France de la Chine populaire.

1951
- Publication de "Où va le peuple américain ?", résultat de son enquête et de ses réflexions.
- Participe à "Contemporains", revue de titistes français qu’anime également Clara Malraux.

1952
- Automne : Au cours d’un séjour de trois mois en Afrique du Nord, prend contact avec les militants nationalistes et syndicalistes locaux.

1953
- Participe, jusqu’en 1955, au Comité France-Maghreb, présidé par Mauriac, qui combat la répression au Maroc, date à laquelle, rebuté par l’immobilisme du Comité sur la question algérienne, il s’en retire.

Au service des colonisés


1954
- Parution de "Au service des colonisés".
- Février : rencontre Mohamed Harbi au cours d’une conférence du Cercle Lénine. Le MTLD le soupçonne de tenter de "trotskiser" le parti par l’intermédiaire de ce dernier.
- A partir de cette date, Daniel Guérin s’associe à toutes les initiatives de soutien à la révolution algérienne bien qu’il soit déchiré par ses rivalités internes. Son activité consiste essentiellement à animer des meetings, interpeller par télégrammes les autorités et rencontrer Messali Hadj auquel il prodigue ses conseils.
- 21 décembre : Envoie un télégramme d’indignation au gouvernement à la suite de l’interdiction d’une réunion de dénonciation de la répression en Algérie (organisée par la FCL et le PCI et prévue salle Wagram). Le ministre de l’Intérieur, François Mitterrand, refuse de recevoir la délégation dirigée par Daniel Guérin.

1955
- Février-avril : Voyage d’étude aux Antilles. Cet autre pôle d’intérêt l’amènera plus tard à rencontrer Franz Fanon.
- Participe à divers comités de soutien à la Révolution algérienne et milite désormais à la "Nouvelle Gauche" animée entre autres par Claude Bourdet.
- Publication de "Kinsey et la sexualité".

1956
- Parution de "Les Antilles décolonisées".

1957
- Décembre : Daniel Guérin est chargé par l’UGS de l’élaboration de la partie "politique d’outre-mer" de son programme. Il se heurte à la frange hostile à toute division des forces de gauche sur le problème de l’indépendance algérienne. (Daniel Guérin suivra ses camarades au moment de la fondation du PSU mais, déçu, en sortira rapidement).

1958
- 28 mai : Participe à la manifestation de protestation contre le "putsch" gaulliste du 13 mai.

1959
- Présente un recueil de textes synthétisant l’état de sa réflexion sur son orientation communiste libertaire (après avoir découvert Bakounine), "Jeunesse du socialisme libertaire", ouvrage qui paraîtra remanié en 1969 sous le titre "Pour un marxisme libertaire", et de nouveau en 1984 ("A la recherche d’un communisme libertaire").
- Publication de "Shakespeare et Gide en correctionnelle ?"

1960
- Septembre : Signe l’Appel des "121" ; est inculpé pour incitation à l’insoumission avec vingt-neuf autres cosignataires (inculpation sans suite).

1961
- Publication de "le Grain sous la neige", adaptation théâtrale d’un roman d’Ignazio Silone.

1962
- Parution de "Vautrin", adaptation théâtrale du roman de Balzac.
- Publication de "Eux et lui", tentative d’auto-analyse.

1963
- 15-19 juin : Participe, à Alger, à la conférence européenne d’assistance non gouvernementale à l’Algérie.
- Octobre-décembre : Etablit un rapport sur les entreprises industrielles et agricoles autogérées qu’il remet à Ben Bella.
- Publication successive de "Front populaire, révolution manquée ?", "Décolonisation du Noir américain" et "Essai sur la révolution sexuelle après Reich et Kinsey".

1964
- 28-30 mars : Assiste au premier congrès de l’autogestion industrielle en Algérie et publie "L’Algérie qui se cherche".

1965
- Juin : Participe au Comité de défense de Ben Bella et des autres victimes de la répression en Algérie, après le coup d’Etat de Boumediene. (Le comité publie des bulletins d’information jusqu’en 1972).
- Initie la création du Comité pour la vérité sur l’affaire Ben Barka, présidé par François Mauriac et Charles-André Julien. Il contribue à la rédaction de trois Cahiers du Témoignage chrétien sur l’affaire.
- 24-25 novembre : Publication de "L’Anarchisme", son "best seller"; de "Ni Dieu ni Maître, anthologie de l’anarchisme" et de ses mémoires de jeunesse, "Un jeune homme excentrique" dont l’édition de 1972 est augmentée ("D’une dissidence sexuelle au socialisme").

1966
- 19-21 décembre : Participe aux Journées pédagogiques de Bruxelles sur la Révolution française.

La tempête révolutionnaire de Mai 68


1968
- 4-12 janvier : Invité au congrès culturel de La Havane, organisé par le gouvernement cubain, Daniel Guérin prononce plusieurs discours anti-impérialistes et y présente notamment un rapport dans lequel il stigmatise l’agression israélienne du 5 juin 1967 comme "une avancée des forces les plus réactionnaires dans le monde".
- Mars-juin : Enthousiasmé par le mouvement étudiant, il prononce plusieurs conférences sur l’autogestion dans la Sorbonne occupée et participe aux manifestations. Juin 36 et Mai 68 constituent les deux expériences-références clés de sa réflexion militante. En outre, Mai 68 est pour lui l’occasion de révéler publiquement son homosexualité.
- 23 août : Signe l’appel de protestation contre l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie ("Le Monde") et, deux mois plus tard, prononce une allocution à la Mutualité contre la décision gouvernementale qui frappe les mouvements d’extrême gauche.
- Parution de son petit ouvrage "le Mouvement ouvrier aux Etats-Unis".

1969
- Participe à la création du MCL (Mouvement communiste libertaire) et milite dans son groupe parisien.
- 1er-2 février : Participe à la pré-conférence du tribunal Russel sur la Tchécoslovaquie (Stockholm)
- 11 juin : Se prononce dans "Le Monde" pour la candidature d’Alain Poher aux élections présidentielles.
- 6-7 décembre : Participe au colloque de Turin (fondation L. Einaudi) "Anarchici e anarchia nel mondo contemporeano".

1971
- Juillet : Rédige, en collaboration avec Georges Fontenis, la plateforme de l’OCL (Organisation communiste libertaire) qui sanctionne la transformation du MCL et l’échec de sa fusion avec l’ORA (Organisation révolutionnaire anarchiste).
- 22-31 août : Participe au colloque "Utopie et réalité" (Ecole d’été de l’université de Zagreb, Korcula).
- Publication de "Rosa Luxembourg et la spontanéité révolutionnaire".
- S’associe largement aux initiatives du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR).

Au coeur des luttes antimilitaristes


1972 - Parution de l’Armée en France. Début de son activité antimilitariste et de sa participation aux différents comités antimilitaristes : CLAM (1972), CAM (1973), CNSLS (1977).
(CLAM : Collectif de lutte antimilitariste qui devient le Comité de lutte antimilitariste ; CAM : Comité antimilitariste ; CNSLS : Collectif national de soutien à la lutte des soldats.)

1973
- Irrité par l’orientation "sectaire" de l’OCL, Daniel Guérin quitte cette organisation.
- 18-20 janvier : participe au colloque "Abd el-Krim et la république du Rif" (Paris).
- Parution de "Bourgeois et bras nus", un abrégé de son ouvrage sur la Révolution française ; de "Ci-gît le colonialisme" et de "De l’oncle Tom aux Panthères noires".
- A la fin de cette année, Daniel Guérin rejoint l’ORA, milite désormais au groupe du XIIIe arrondissement et collabore au journal "Front Libertaire".

1975
- Parution de son ouvrage "les Assassins de Ben Barka". Une édition augmentée paraîtra en 1982.

1976
- Déçu par les crises successives qui affectent le mouvement anarchiste, Daniel Guérin quitte l’ORA (rebaptisé entre temps OCL) pour éviter de cautionner le virage "ultra-gauche" de cette organisation (qui donnera bientôt naissance au mouvement autonome).
- Publication de "La Révolution française et nous", à l’origine texte d’introduction à son ouvrage sur la Révolution française.
- 26 mai : participe au débat "Rosa Luxembourg et nous" organisé par "Politique aujourd’hui".
- 24-26 décembre : participe à la Conférence internationale d’études bakouniniennes à Venise.

1977
- 28-29 janvier : participe au colloque "Bakounine, combats et débats" (Paris, Etudes slaves).
- Participe à un meeting à Paris contre l'extradition en Allemagne de l'avocat de la RAF Klaus Croisant.

1978
- Publication de "Proudhon oui et non".
- Rencontre avec l’ayatollah Khomeiny alors exilé en France.

1979
- Parution de "Quand l’Algérie s’insurgeait" et de deux ouvrages autobiographiques, "Le Feu du sang" et "Son testament".

1980
- Rejoint l’UTCL, scission de l’ORA (1976), favorable au travail syndical dans les entreprises. Cette organisation incarne, selon lui, ses conceptions communistes libertaires.
- Se lie temporairement aux intégristes benbellistes.
- Participe au Comité de soutien des militants d’Action directe emprisonnés.

1981
- Mai : Signe un appel public de soutien à la candidature de François Mitterrand lors du second tour des élections présidentielles, contre l’orientation votée par son organisation.
- Novembre : Intervient aux côtés de nombreux universitaires au colloque organisé par l’UTCL sur les mouvements anti-autoritaires "De Cronstadt à Gdansk" ; Daniel Guérin y traite deux sujets : "De l’autogestion à la bureaucratie soviétique (1917-1921)" et "Cronstadt (1921)".

1983
- Publication de "Homosexualité et révolution".

1984
- Publication de "Africains du Nouveau monde".

1985
- Il manifeste son soutien à la lutte du peuple kanak.
- 29 janvier : Suite à un grand meeting organisé par le FLNKS et plusieurs organisations d’extrême gauche, Daniel Guérin rencontre Jean-Marie Tjibaou.

1986
- 29-30 novembre : Participe au colloque-forum de la revue "Lutter !" (UTCL) sur le syndicalisme révolutionnaire et l’alternative, à la préparation duquel il a largement contribué. Son intervention porte sur les trade-unions en Angleterre et leurs relations avec la Ière Internationale.
- Par ailleurs, Daniel Guérin intervient dans le débat, "Il y a 50 ans... en Espagne 36-37 - l’expérience révolutionnaire et autogestionnaires" avec Georges Fontenis et plusieurs militants de la CNT espagnole comme Enrique Marco Nadal et Antonio Rivera.
- Novembre-décembre : Enthousiasmé par le mouvement étudiant et lycéen de protestation contre la politique scolaire du gouvernement Chirac, Daniel Guérin participe à une manifestation, malgré son état de santé précaire.

1988
- 14 avril : Mort de Daniel Guérin à Suresnes (Hauts-de-Seine).


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